Décès d’Alfonso Caycedo, le créateur de la sophrologie

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Alfonso Caycedo, né le 19 novembre 1932 à Bogota (Colombie) est décédé le 11 septembre 2017. Il est le fondateur de la sophrologie, qu’il nommera vers les années 70, la sophrologie caycédienne.
Après des études secondaires en Colombie, il fait ses études universitaires à la Faculté de médecine de Madrid (Espagne) où il obtient le titre de docteur en médecine et en chirurgie. Sous la direction du professeur de psychiatrie espagnol le docteur López Ibor, il va se spécialiser en psychiatrie et en neurologie.

La Société Espagnole d’Hypnose Clinique et Expérimentale

Confronté professionnellement à l’observation des états de conscience modifiés et obligé d’utiliser des procédés thérapeutiques violents (comas insuliniques, électrochoc sans anesthésie), Caycedo s’interroge sur la nécessité de modifier ou altérer ainsi la conscience dans un but thérapeutique.
Il recherche alors d’autres options et se tourne d’abord vers l’hypnose clinique, puis en 1959, il crée à Madrid la Société Espagnole d’Hypnose Clinique et Expérimentale.

De l’hypnose à la sophrologie

Mais rapidement, l’hypnose ne lui convient plus. D’une part, ses observations cliniques ne coïncident pas toujours avec les théories et d’autre part, le terme d’hypnose suscite souvent la méfiance.
Ainsi il crée en octobre 1960, le terme « sophrologie » et fonde la même année, dans le service de neuropsychiatrie du Pr. López Ibor à Madrid, le premier département de sophrologie clinique. La sophrologie est, à cette époque, techniquement proche de l’hypnose, même si le rapport au patient s’y inscrit davantage dans une approche humaniste.

En passant par la phénoménologie (1963-1964)

Alfonso Caycedo rencontre en Suisse Ludwig Binswanger, père de la psychiatrie phénoménologique. Il est admis comme médecin neuropsychiatre au sanatorium Bellevue à Kreuzlingen et devient le dernier élève de Binswanger qui influence définitivement sa démarche de recherche sur la conscience.
Caycedo propose de redécouvrir les phénomènes d’états de conscience modifiés à l’aide d’une approche d’inspiration phénoménologique. La sophrologie devient progressivement une méthode moins inductive. L’expérience subjective de chacun, la déduction personnelle des phénomènes, priment sur les inductions provoquées par le thérapeute.

L’Extrême-Orient et les états de conscience modifiés (1965-1968)

Encouragé par L. Binswanger, et sans doute influencé par sa femme Colette (une Française passionnée de yoga avec qui va se marier en 1963) A. Caycedo se rend en Orient.
Il séjourne en Inde où il s’initie au yoga auprès de grands Yogis rencontrés par le biais de médecins indiens. Il rencontre ensuite dans l’Himalaya le médecin du 14ème dalaï-lama et découvre des méthodes comme le tummo qui permettent d’accéder à des états de conscience modifiés. Il se rend finalement au Japon où il est également impressionné par le zazen. Il constate l’importance du corps dans ces différents procédés. Il tirera de ces expériences les trois premiers degrés de la Relaxation Dynamique ou Relaxation Dynamique de Caycedo adaptés à la culture occidentale. Barcelone (1968-1982)
Caycedo est nommé Professeur à l’école de psychiatrie de la faculté de médecine de Barcelone. C’est l’époque de nombreuses expérimentations et recherches basées sur les Relaxations Dynamiques : la sophrologie doit faire ses preuves.

Début de la scission (1974) : Caycedo rompt avec les autres praticiens

Certains professionnels de santé reprochent à Caycedo de sortir la sophrologie du champ thérapeutique en y rattachant les Valeurs de l’Homme, introduisant ainsi une notion d’idéologie hors cadre thérapeutique. C’est le début de la branche non Caycédienne de la sophrologie :

1974 – Première scission entre Alfonso Caycedo et certains praticiens français de la sophrologie qui lui reprochent de sortir du champ thérapeutique. Cette scission est le point de départ de la branche dite « non caycédienne ».
1975 – Deuxième congrès mondial de la sophrologie à Barcelone sur le thème « Congrès de l’harmonie au sein de la civilisation du drame ».
1977 – Dans la « Déclaration des valeurs de l’homme », Alfonso Caycedo divulgue de l’état du monde et de la portée sociologique de la sophrologie. Il la positionne davantage comme une idéologie. Cette déclaration accentue la scission initiée en 1974 et augmente le nombre de praticiens « non caycédiens ».

Source Wikipedia & C. Aliotta.

Aujourd’hui, certaines formations en sophrologie bénéficient depuis le 25 novembre 2011 d’une inscription au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), reconnue par l’État, notamment celle qu’a suivie votre sophrologue.

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